Un passé difficile

Rutabana a souvent été à deux doigts de la mort. D’abord à l’âge de trois ans… Nous sommes en 1973, à l’époque d’un Coup d’État de Hutus dont les Tutsis sont les boucs émissaires. L’enfant assiste en effet à des massacres, à des situations d’exil, y compris d’une partie de sa propre fratrie.

L’artiste a ensuite toujours frôlé la mort à cause du régime politique hutu, à l’époque de son attaque, au départ de l’étranger, par le Front Patriotique Rwandais que, de toute force, et de façon impénitente, on assimile aux seuls Tutsis.

Nous sommes en 1990. Juste pour son origine tutsie, Rutabana connaîtra les geôles, ou les prisons-mouroirs, de 1990 à 1991. La survie était inespérée.

De l'enfer à l'enfer

Rutabana verra enfin la mort en face, à cause d’un régime politique tutsi, celui pour lequel il a versé de son sang, dans nombre de batailles, dont celle de la chute de Kigali, pour le coup d’arrêt au génocide anti-tutsi par le Front Patriotique Rwandais.

Sorti de prison en 1991, Benjamin avait cru voir, dans la guerre du FPR, l’étoile du salut des Tutsis. C’est alors qu’à corps perdu, il s’était jeté aux côtés des combattants. La victoire est à peine acquise que s’installe une dictature, de celles auxquelles n’avait pas rêvé l’artiste, qui énonce et dénonce le mal ambiant et rampant.

Le revoilà en prison, comme à l’époque du régime déchu. Passant du régime politique hutu d’hier à l’actuel régime tutsi, Benjamin Rutabana sera allé de l’enfer à l’enfer, de quoi écrire un récit qui porte ce nom.

Élevé dans un sens aigu de la justice, de l’amour et de la liberté, Benjamin n’a jamais craint de risquer sa vie pour défendre les valeurs héritées du puritanisme de l’Eglise Adventiste qui est celle de son père, un Révérend Pasteur.

L’espoir chevillé au corps, porté par la musique qui l’a toujours habité, l’artiste a pensé que la vie serait plus forte que la mort.

Fort de l’espoir et de l’art, Benjamin Rutabana reprendra son combat, cette fois-ci dans les rangs du Rwanda National Congress, RNC en sigle.

La visée en est de lutter, croit-il, une bonne dernière fois, contre situations de violences, de violations des droits et de barbaries qui se nourrissent mutuellement sans fin. En sera-t-il moins déçu ? La question n’est pas rhétorique.

En attendant, volons à la rescousse de Benjamin Rutabana. Aujourd’hui c’est lui, demain c’est peut-être vous. Ce n’est pas davantage pour lui que pour vous.

Benjamin et la musique

Bleeding
Iwanyu

Interview de Benjamin Rutabana sur son livre

benjamin

Extrait du livre "De l'enfer à l'enfer"

"Dieu merci, les enfants du Rwanda n’ont pas reçu que la mort en héritage. Quand le poète dit : « La vie est méchante », l’écho répond : « Chante ! » – voilà pourquoi je chante depuis le temps de mon berceau. Notre peuple le sait, qui aime ma chanson...

...Jamais la musique ne m’a quitté, même au plus près de la mort. Plaise au ciel que tu n’aies pas vu le jour pour connaître prison et tortures – avec ou sans musique ! S’il est vrai que les peines sont le lot de toute vie, je me dois pourtant de tout faire pour t’épargner celles qui hantent encore mes nuits…" p.19

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